Grands ou petits, tous les projets sont bons chez Affinerie CCR

par : Les Affaires

Avec environ 550 employés, Xstrata Affinerie CCR, de Montréal-Est, est la seule affinerie de cuivre encore en activité au Canada ou dans le nord-est des États-Unis. Après des années très difficiles dans le secteur métallurgique, elle doit sa survie à sa constante recherche d'une productivité accrue.

PAR JEAN-FRANÇOIS CODÈRE

«Pour nous, c'est absolument essentiel d'augmenter notre productivité, témoigne Alain Bilodeau, directeur de la maintenance et de l'ingénierie. Vous savez, il y a eu une décennie très difficile pour les producteurs de métaux. Nous ne serions pas passés au travers des années 2000 si nous ne nous étions pas concentrés de façon extraordinaire sur les gains de productivité.»

Les multiples efforts de l'entreprise lui ont valu, en novembre, une Grande Mention lors des Grands Prix québécois de la qualité.

Des projets d'amélioration continue, il y en a eu en tous genres chez CCR. Des très grands comme des petits. Il y a quelques années, en faisant passer son usine à la méthode des «flux tendus», l'affinerie a réduit ses stocks de métaux de 200 millions de dollars.

Elle a aussi investi massivement - environ 125 M $ - dans l'automatisation au début des années 2000, ce qui lui a permis de traverser des moments difficiles.

Réparations centralisées

Récemment, elle s'est attaquée à un projet de moindre envergure, mais pas nécessairement de moindre importance. «Ce qu'on dit à nos employés, c'est que chaque geste compte, insiste M. Bilodeau. J'appelle cela l'effet ratchet. Que tu donnes un ou cinq petits coups, peu importe. L'important, c'est que le ratchet ne recule pas», dit-il en faisant allusion à la clé à rochet, un outil connu des bricoleurs.

Dans le cadre de ce projet, CCR a centralisé dans un seul atelier la réparation et l'entretien des 650 pompes employées dans l'usine. Auparavant, les cinq mécaniciens affectés à cet entretien procédaient sur place, dans une vingtaine d'endroits de l'usine.

Les lieux d'entreposage des pièces de rechange étaient multiples, les méthodes, diverses, et la philosophie de gestion, axée sur les effets plutôt que sur les causes.

Les résultats positifs ont été nombreux. Le temps moyen d'une réparation a chuté de 38 % et son coût, de 30 %. Le stock de pièces de rechange est passé de 1 M $ à 125 000 $. La sécurité a été améliorée aussi, puisqu'il est moins risqué de travailler en atelier.

Le nombre de réparations nécessaires a lui aussi chuté de plus de la moitié, puisqu'on peut plus facilement déterminer les causes des bris. «Tout ce qui brise dans l'usine passe par ici, donc on peut savoir ce qui casse souvent et s'attaquer à ces problèmes-là», explique Nicolas Fortin, ingénieur de fiabilité et contremaître de l'atelier.

Pour accélérer le travail et s'assurer d'une plus grande constance, on a mis au point des procédures détaillées qui expliquent la marche à suivre pour 110 travaux différents. Ces fiches, qui ne sont pas sans rappeler les manuels d'instruction, comportent notamment la liste des pièces nécessaires. On évite ainsi les pertes de temps quand un mécanicien doit interrompre son travail en raison d'un manque de pièces.

Chacune des étapes de la réparation est aussi accompagnée d'une photo qui sert à représenter visuellement la tâche à accomplir.

Produire le nécessaire

Pour améliorer ses résultats, Xstrata Affinerie CCR a aussi modifié sa stratégie d'affaires. Son plan annuel tient davantage compte de la demande mondiale de ses produits. «Jusqu'en 2010, la philosophie était de remplir l'usine, confie le directeur de production, Bob Leclair. On allait chercher tout le cuivre que l'on pouvait trouver et on remplissait l'usine. On avait des stocks effrayants. Les dernières tonnes qu'on achetait pouvaient venir du Chili, et les dernières tonnes qu'on revendait allaient aussi très loin, en Europe ou en Chine. On faisait des pertes là-dessus.»

De 368 000 tonnes par année, la quantité de cuivre traitée à l'affinerie a subitement été réduite à 265 000 tonnes. «En faisant cela, nous avons été capables de nous concentrer sur les marchés les plus payants et nous sommes maintenant bien placés pour augmenter la production. Nous sommes progressivement remontés à 275 000 tonnes, puis 280 000 et nous visons 30 000 tonnes cette année.»

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