Recherchée : concurrence
Photo Public Domain Photos / flickr
Les entraves au libre marché imposées par les gouvernements canadiens et québécois dans certains domaines nuisent à la productivité du pays et de la province, estime le Centre sur la productivité et la prospérité (CPP) de HEC Montréal.
« La concurrence menace, dans le bon sens du terme, la profitabilité d'une entreprise, explique le directeur du CPP, Robert Gagné. Si une entreprise ne se sent pas menacée par la concurrence, elle n'a pas intérêt pour innover dans ses produits, sa mise en marché ou ses façons de faire. Elle n'a pas intérêt à investir dans de nouvelles technologies, parce que les gens se disent "Ça marche, j'ai ma job pépère…" »
Dans son Bilan 2012, le CPP cible l'augmentation de la concurrence comme l'une des solutions à la faible croissance de la productivité canadienne et québécoise. On cite en exemple des pays scandinaves qui ont favorisé la concurrence après la crise économique des années 1990. La Suède, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Finlande et le Danemark dominent, dans l'ordre, le palmarès des pays où les lois antimonopoles sont les plus efficaces, selon le bilan.
« Plus un pays est ouvert au commerce international, plus il a accès à des marchés étrangers, ce qui favorise la concurrence dans laquelle les entreprises évoluent et encourage l'adoption de nouvelles technologies », écrit-on.
Le CPP cible particulièrement les industries des télécommunications, de l'électricité et du transport aérien. Une étude d'Industrie Canada a déjà estimé à 1,7% sur 10 ans l'augmentation du PIB par habitant en âge de travailler l'augmentation qui découlerait de l'élimination des règles sur la propriété étrangère dans les télécommunications.
Le Canada serait le 6e pays le plus réfractaire aux investissements étrangers parmi 29 membres de l'OCDE.
« Les pays les plus protectionnistes, dont le Canada, invoquent surtout des raisons liées à la sécurité et à la souveraineté nationale pour justifier leur réglementation, indique le Bilan. Certains craignent de devenir dépendants de l'approvisionnement en services essentiels, d'autres souhaitent mieux protéger l'identité culturelle des consommateurs et des entreprises locales. »
Selon M. Gagné, aucune de ces raisons n'est valable. « Comme consommateur, on n'a pas à craindre la concurrence. »
Le chercheur déplore « l'incohérence » de l'attitude canadienne à cet égard.
« Quand une de nos entreprises va acheter ailleurs, on applaudit, et quand c'est l'inverse, on a nos faces d'enterrement. Il faut vendre au reste de la planète, mais on ne veut pas acheter? On est en train de se créer une réputation. Ça se joue à deux, ces enfantillages-là. »
Selon lui, le fait d'ouvrir le contrat de fabrication des voitures du métro de Montréal à la concurrence étrangère, plutôt que de favoriser Bombardier, par exemple, aurait eu deux conséquences : « On aurait eu de meilleurs trains, pour moins cher ».








Qu'en pensez-vous ?